Ouverture du Colloque par Jean-Paul HUCHON

10/06/2010

 

Le colloque Fruits et Légumes: les apports de la recherche, s'est tenu mardi 8 juin dans l'enceinte d'Agroparitech dans le 5e arrondissement de Paris.

La journée a été marquée par des interventions de grande qualité qui ont apporté des éclairages et des éléments de réflexion dans bien des domaines.

Les actes complets, ainsi que les présentations de chacun des intervenants serontdisponibles à la fin du mois en téléchargement sur le site Internet.

Pour toute question concernant le colloque, merci de vous adresser au 01 55 34 37 00.

Jean-Paul HUCHON, Président du Conseil Régional a ouvert ces rencontres annuellespar un discours que nous vous invitons à découvrir ci-dessous.

 

"Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez tous, je suis un fervent partisan de l’excellence partout où cela est possible. L’agriculture et l’agro-alimentaire en général, et la filière des fruits et légumes en particulier, n’échappent pas à cette ligne de conduite. Du champ à l’assiette, nos produits alimentaires sont excellents. Nos filières agricoles sont très performantes. Nos artisans des métiers de bouche font un travail fantastique. Nos chefs sont les ambassadeurs de notre territoire auprès des gourmets du monde entier. Nos différentes Confréries franciliennes savent mettre à l’honneur la richesse extraordinaire des spécialités made in Ile-de-France. Nos lycées professionnels et nos Centres de formations des apprentis forment avec beaucoup d’ambition les talents de demain. Les producteurs agro-alimentaires franciliens portent très loin la renommée économique de notre région. Enfin, les agro-sciences pour l’alimentation, la santé et l’environnement nous placent parmi les régions leaders dans le monde. C’est ce dernier point d’excellence qui nous réunit aujourd’hui, grâce l’heureuse initiative du CERVIA et d’AgroPArisTech.

L’engagement de la Région en matière de soutien à la recherche est sans faille. Nous soutenons ainsi le DIM ASTREA, Agrosciences, territoires, écologie, alimentation. Ce DIM régional qui fait partie des deux derniers DIM labellisés joue un rôle essentiel dans la compréhension des relations entre l’alimentation et la santé, depuis la production des aliments jusqu’à leur utilisation par les consommateurs. Et les questions posées – c’est tout l’objet de votre rencontre- ne manquent pas. Comment mieux prévenir les risques en matière de santé, comme l’obésité ou encore les maladies cardiovasculaires, en consommant davantage de fruits et légumes ? Comment également changer en profondeur les comportements alimentaires des Français, sachant que la consommation des fruits et des légumes est en baisse et qu’elle est un cruel discriminant social ? Comment aussi mieux former à la diversité alimentaire, et ce, dès le plus jeune âge ? Question essentielle au cœur des politiques de la Région dans les lycées. Jusqu’où enfin peut-on parler de vertus médicales des fruits et légumes, je pense aux débats sur les alicaments ? Question centrale pour le DIM ASTREA. Tous ces enjeux sont essentiels. Pour vous, acteurs de la recherche. Mais également, et c’est une dimension importante, pour les consommateurs franciliens et pour les acteurs de la filière des fruits et légumes.

En effet, au sein de l’agriculture francilienne, la production de fruits et de légumes occupe en Ile-de-France une place très importante. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’Île-de-France était même la première région maraîchère et horticole de France. Elle demeure toujours dans le peloton de tête en production de persil, d’oignons blancs, radis et salades. Les productions horticoles assurent 28 % du chiffre d’affaires de la « ferme Ile-de-France ». Et en termes de revenu agricole par UTA, notre région occupe l’un des premières places françaises.

C’est pour toutes ces raisons que j’ai voulu que la Région Ile de France soutienne très fortement la filière des fruits et légumes. J’ai donc mis en place des programmes régionaux très innovants : « agriculture biologique », « agri-environnemental » et « agri-urbain ». J’ai aussi engagé la Région dans une importante réflexion sur l’avenir de l’agriculture de proximité. Nous sommes ainsi partenaires du projet SOS – Sustainable - open spaces, dans le cadre du programme communautaire Interreg IIIB, sur les espaces ouverts périurbains.

Les producteurs dits « spécialisés » (horticulteurs, maraîchers, arboriculteurs, pépiniéristes) sont, en effet, historiquement et majoritairement implantés dans les secteurs les plus proches des centres urbains, vivant traditionnellement de la ville au travers de circuits courts : marchés forains, vente à la ferme, système des paniers, carreau des halles puis du MIN de Rungis, GMS de proximité. Il convient donc de favoriser une réorganisation de ces circuits courts sur la base d’atouts forts : la proximité, la qualité et la diversité. C’est la condition sine qua non d’une reconquête progressive mais volontaire du marché francilien et de ses 11 millions de consommateurs.

La création du CERVIA est également un élément décisif pour promouvoir auprès du grand public ces productions. Le CERVIA a pour mission de renforcer nos atouts et de corriger notre déficit d’image et d’identification. Ses trois objectifs principaux - promotion, qualité et développement - sont, je le crois, essentiels pour l’avenir de l’agriculture en Ile-de-France. Le CERVIA travaille en partenariat étroit avec l’interprofession des fruits et légumes. Ce lien est normal car je crois que la qualité est un préalable à la promotion. L’un ne va pas sans l’autre. La création le 9 janvier 2009 du premier site régional dédié aux produits et terroirs franciliens est d’ailleurs une réponse forte du CERVIA pour valoriser les fruits et légumes franciliens  et plus largement la marque Ile-de-France. J’ai également signé en septembre 2006 la charte « fruits, légumes, santé » à l’initiative de du syndicat interprofessionnel INTERFEL pour la promotion de ces aliments dans la consommation quotidienne. La Région Ile-de-France est dans ce cadre une collectivité pilote. Depuis déjà deux ans, le Conseil régional participe à la semaine « fraich’attitude ». Cette participation sera poursuivie. Nous continuerons à la faire connaître auprès des lycéens, à les inciter à prendre une part active à cette campagne.

De même, nous travaillons activement dans la découverte du goût, notamment auprès des lycéens. J’ai notamment voulu que le Conseil régional introduise les produits biologiques dans les cantines scolaires pour développer la consommation des fruits et légumes des jeunes franciliens. Avec INTERFEL et le CERVIA, nous avons élaboré, en collaboration avec huit chefs de nos lycées volontaires, des cahiers de recettes avec des fruits et légumes d’Ile-de-France que la Région va diffuser à la rentrée prochaine. Depuis 2006, près de 150 séances de formations sur site, à destination des équipes de cuisines, ont également été prises en charge par les techniciens spécialisés de la Région. Parce que la qualité des repas est pour moi un élément essentiel, j’ai voulu que soit engagé l’introduction des produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines. J’ai également voulu que soit mené avec une technicienne nutritionniste recrutée par la Région un travail de mise en œuvre des préconisations du Programme National Nutrition Santé 2 par l’élaboration de planning de repas types sur 20 jours pour assurer l’équilibre alimentaire des demi-pensionnaires.

Cet enjeu de la prévention est pour moi essentiel. La Région fait déjà beaucoup. Alors que ce n’est pas dans nos domaines de compétences, cet engagement de près de 200 millions d’euros sur la mandature a déjà permis de soutenir de nombreux projets et d’adopter des mesures très concrètes luttant efficacement en faveur de la résorption des carences territoriales en matière de santé. Dans le futur, la Région fera encore davantage. Pour une raison simple : aujourd’hui, je constate que c’est dans le domaine de la santé que se manifestent le plus les inégalités sociales et les inégalités territoriales. Et vos recherches le montrent hélas très bien, au travers de l’étude de la consommation ou non de fruits et légumes dans les familles. Cette situation n’est pas acceptable. Le droit à la santé n’est pas un droit négociable. Nos concitoyens doivent recevoir les mêmes soins partout, quelque soit leur lieu d’habitation ou leur origine social. Cet objectif est pour moi un objectif central. C’est la raison pour laquelle la Région va s’engager dans une nouvelle politique de santé. D’abord en direction des urgences. Ensuite, en direction des médecins. Pour permettre une offre de proximité partout et pour tous. Enfin, dernier axe : en direction de la prévention des risques. Objet central de votre rencontre. Car soigner, c’est bien. Mais prévenir, c’est beaucoup mieux. Nous voulons ainsi accentuer nos politiques de prévention sur la santé, VIH, alcool mais également obésité, ainsi que, d’une plus générale, sur la santé environnementale.

Je conclus.

Même si on parle beaucoup aujourd’hui d’enjeux métropolitains, de villes et de transports du futur, il n’est pas possible, il n’est pas souhaitable, de faire comme si l’Ile-de-France n’était pas la grande région agricole et agri-alimentaire qu’elle a su devenir. J’ai même envi de dire : bien au contraire. L’inscription internationale de l’Ile-de-France ne peut reposer que sur des racines fortes. L’enjeu n’est pas seulement économique. Il est aussi, il est surtout un enjeu de santé. Nous avons collectivement le devoir d’adapter notre agriculture et nos modes d’approvisionnement alimentaire aux défis de demain. Pour éviter de continuer à gaspiller les énergies en imposant des transports inutiles. Pour accompagner la transformation des modes de consommations de concitoyens, leurs nouveaux besoins en produits authentiques, sûrs, économiques en énergie. Je crois que notre devoir de collectivité mais également de citoyens est d’anticiper tous ces changements majeurs. Nous en avons tous la responsabilité. L’acte de se nourrir doit aussi être un acte de conscience. Individuelle et collective. Cette rencontre, en tout cas, j’en suis certain, nous y aidera fortement. Merci. Bons travaux.

Jean-Paul HUCHON

Président du Conseil Régional d'Ile-de-France "

 

<- retour:

Haut


Rechercher sur la carte

Carte des produits


Crédits & Mentions légalesPlan du siteContactFlux RSS