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06/10/2009
« C’était une époque où convivialité rimait avec humanité et amitié »
René Kersanté, a le souvenir encore bien vivant de cette époque des Halles de Paris. « J’ai commencé avec mes parents, il y a près de cinquante ans. Levés à 2H du matin, nous venions en camion décharger nos marchandises et je repartais avec mon père sur l’exploitation un peu plus tard, quand tout était en place, pendant que ma mère restait à la commercialisation, jusqu’à 8H. Là, il fallait tout ranger sous l’œil vigilant de la police habillée de cape sous laquelle certains agents cachaient quelques denrées... Les invendus étaient stockés dans la resserre, une sorte de cave gérée par les agents des halles », raconte René Kersanté. Il se souvient surtout d’une ambiance où le tutoiement était de rigueur, tout naturellement.
L’accent titi parisien, gouailleur, les expressions imagées, étaient comme une musique, et donnaient ses couleurs aux Halles de Paris. « C’était la dernière étape des fêtards. On y rencontrait toutes sortes de gens y compris des vedettes pas toujours en très bon état..», s’amuse-t-il encore. Il faut dire qu’à l’époque, la vie était plus dure, les journées plus longues, mais comme tout le monde vivait au même rythme, c’était normal. Tout le monde se connaissait plus ou moins. C’était un petit monde peuplé principalement de producteurs spécialisés d’Ile de France ou de quelques départements limitrophes. Ils formaient avec les mandataires et les clients, un monde à part, un monde de la nuit où le travail primait mais dans la convivialité et la bonne humeur. « Les relations que nous avions avec notre clientèle étaient même amicales. Ce que l’on n’a plus retrouvé après le départ des halles à Rungis, à l’exception peut-être sur le Carreau des producteurs d’Ile-de-France », souligne René Kersanté.
Témoignage recueilli par Laurent Le Gall, HORIZONS