Historique

L'Ile-de-France : une région "capitale"

Une île, au cœur de la France

Région « capitale » parce qu’elle abrite Paris, l’Île-de-France l’est aussi par son économie et par sa population, qui sont parmi les premières d’Europe. Région fortement urbanisée, elle reste pourtant une terre de contraste et de diversité, encore méconnue, y compris de ses propres habitants.

L’appellation « Ile-de-France » remonte aux origines de la France, bien qu’elle donne lieu à plusieurs interprétations :

  • L’Ile de la Cité où s’installa le premier pouvoir constitué ;
  • Altération de Liddle Franke (Petite France en langue franque) pour cette terre d’enracinement des Francs;
  • « Ile » entourée par l’Oise, la Marne et la Seine.

Le nom "Ile-de-France" apparaît pour la première fois en 1387, dans les chroniques de Jean Froissard, en lieu et place de "Pays de France".

Son territoire a néanmoins évolué au cours des siècles, l’Ile-de-France d'avant 1790, date de création des départements, étant une mosaïque de « pays », incluant Valois, Beauvaisis, Soissonnais…mais limitée au sud-est à la « Brie Française », les villes de Meaux, Provins, ou Coulommiers étant rattachées à la Champagne.

                              

 De 1790 au 1er janvier 1968, l'Ile-de-France était composée de trois départements: la Seine (aujourd'hui Paris et la Petite Couronne) , la Seine-et-Oise (regroupant les Yvelines, l'Essonne et le Val d'Oise) et la Seine-et-Marne qui est le seul département resté inchangé de 1790 à nos jours. 

                            

                     

 Siège du pouvoir central, elle se confond encore aujourd’hui pour bien des Français avec Paris, alors que 75% de son territoire est composé d’espaces naturels et la moitié reste agricole.

 

L’Ile-de-France agricole

Outre la richesse de son sous-sol, la fertilité de ses sols a joué un rôle majeur dans le peuplement et le développement de la région-capitale et l’implantation des cultures est étroitement liée, depuis l’origine, à la qualité des terres et du climat:

  • calcaire au sud de la Seine qui a vu se développer la forêt ;
  • plateau enrichi de limon, au nord-nord-est, prolongement de la plaine picarde, et, au sud-est entre Brie et Beauce, grenier à céréales où les grandes exploitations apparaissent dès le XVe siècle;
  • plaines alluvionnaires dans les méandres de la Seine, très vite défrichées pour développer les cultures maraîchères.

Néanmoins, la nature a sans cesse été améliorée par la main de l’homme : ainsi les travaux hydrauliques de l’ingénieur Thomas Gobert, destinés à amener l’eau jusqu’au Parc de Versailles, vont permettre d’assainir le Plateau de Saclay jusqu’alors peu fertile. De même en est-il en Brie où les propriétaires utilisent dès le XVIe siècle leurs nouvelles connaissances agronomiques pour fertiliser des sols ingrats à l’origine. L’Ile-de-France agricole a, de tout temps, été à la pointe du progrès technique et ses productions ont répondu aux besoins de la consommation non seulement locale mais nationale et européenne, puis au-delà depuis la deuxième moitié du XXe siècle.

La spécialisation de l’Ile-de-France dans la culture des céréales, activité valorisée au départ par la proximité de la capitale, est bien réelle dès le Moyen-Age, les secteurs les plus productifs étant le Valois, le Multien et la Plaine de France au nord et le Longboyau au sud.

Champs de coquelicot

Comme toutes les régions céréalières, l’Ile-de-France compte peu de prairies naturelles. A la fin du XVIIIe siècle les prés représentent moins de 4,5% du territoire agricole, les herbages se concentrant dans les vallées de la Seine et de la Marne et se réduisant à moins de 3% en plaine. Les prairies artificielles viendront compenser le manque de prairies naturelles, le sainfoin apparaissant dès la fin du XVIème siècle. De ce fait, l’Ile-de-France n’est pas une grande région d’élevage. Cependant la production laitière est toujours bien présente et donne lieu notamment à la production des célèbres fromages de Brie, dont 2 AOC.

L’agriculture « spécialisée » (maraîchage, arboriculture), majoritairement pratiquée en « ceinture verte » de Paris, a vu disparaître un grand nombre de ses surfaces gagnées par l’urbanisation. Néanmoins, la vente directe ou sur le Carreau des producteurs du MIN de Rungis, permet aux franciliens d’apprécier la fraîcheur et la qualité des productions de proximité.

Un territoire, des pays

Les rois de France trouvèrent en Ile-de-France des atouts géographiques de taille , en particulier un réseau hydrographique remarquable par sa densité et sa confluence. Sur les 11 « pays » formant l’Ile-de-France d’avant la Révolution, sept composent l’Ile-de-France actuelle:

  • Le Vexin français,
  • Le Mantois,
  • Le Hurepoix ;
  • Le pays de France,
  • La Brie française,
  • La Brie champenoise,
  • Le Gâtinais.

Chacun de ces territoires avait sa spécificité :

  • Un grand plateau agricole et des carrières de pierres blanches calcaires pour le Vexin français,
  • Valons, verdures et résidences royales et seigneuriales pour le Mantois,
  • Un paysage morcelé et pittoresque se mouvant entre plateaux à blé et vallées maraîchères pour le Hurepoix,
  • Terres très fertiles, grands massifs forestiers et gypse en pays de France,
  • Argileuses et humides, les deux Bries fournissent lait et granulat nécessaire aux constructions, mais sont aussi espace de prévention des crues de la Seine et de l’Yonne,
  • Enfin, le Gâtinais, peu fertile, est un pays d’élevage et de terroir avec des productions de cidre, de miel ou de safran.

Des pays nouveaux !

Les anciens « pays » ont encore aujourd’hui une signification en matière environnementale et économique. Néanmoins, Départements, Communautés d’agglomération, Communautés de commune, Parcs Naturels Régionaux…sont à présent autant d’acteurs proches de leurs territoires et de leurs habitants, partenaires incontournables des nouvelles Régions administratives issues de la décentralisation.

L’Ile-de-France s’insère aussi fortement au sein du Grand Bassin Parisien, qui présente une continuité géographique à l’est comme à l’ouest, incontournable pour l’agriculture francilienne.

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