Les meilleurs restaurants végétariens de Paris : notre sélection incontournable

Nous nous souvenons encore de la tête de notre ami carnivore, fourchette suspendue au-dessus d’une assiette de « steak » à Paris. Il cherchait la viande des yeux, il n’y en avait pas, et pourtant il a fini son plat en silence, presque vexé d’avoir aimé ça. Longtemps, Paris a traité le végétarien comme un pis-aller, une salade tiède posée en fin de carte pour ne fâcher personne. Cette époque est révolue. Nous avons mangé, comparé, parfois été déçus, souvent surpris, et nous avons gardé ce qui mérite vraiment le déplacement en 2026. Pas une liste recopiée d’un annuaire, mais des adresses vérifiées, avec leurs adresses exactes, leurs prix et ce qui les rend uniques.
Le 42 Degrés, le pionnier du cru qui a changé les règles
Au 109 rue du Faubourg-Poissonnière, dans le 10e arrondissement, Le 42 Degrés a été le tout premier restaurant en France à bâtir sa carte entière sur une cuisine 100 % crue. Le principe, c’est de ne jamais dépasser 42 degrés de cuisson pour préserver les nutriments des aliments, une contrainte technique qui aurait pu donner des assiettes tristes et qui produit exactement l’inverse.
Nous y avons goûté des « lasagnes » sans four et une « cheesecake » sans fromage ni cuisson qui trompent la bouche avant de convaincre le palais. Comptez autour de 25 à 35 euros le repas, dans un cadre sobre, accessible aux personnes à mobilité réduite. C’est déroutant la première fois, presque une expérience scientifique, et c’est justement pour ça qu’il faut le tenter une fois dans sa vie de mangeur de viande.
Sapid, le pari végétal d’Alain Ducasse
Un chef qui cumule 21 étoiles Michelin qui ouvre un réfectoire tourné vers le végétal, voilà qui a de quoi surprendre. Sapid, situé au 54 rue de Paradis dans le 10e, ne ressemble pourtant à aucun restaurant gastronomique classique : vaisselle chinée, verres récupérés, tables vieilles de 140 ans, aucun service à table puisque les commandes se passent aux bornes ou en ligne.
Ce décalage entre le prestige du nom et la sobriété assumée du lieu résume tout le projet. Alain Ducasse voulait démontrer qu’il est possible de bâtir un restaurant où les plantes sont la référence, pas l’exception, avec des plats végétaliens accessibles à environ 50 couverts par service. Ce n’est pas un endroit pour une soirée romantique, c’est une cantine où l’on vient parce qu’on a compris quelque chose sur ce qu’on mange.
Wild & The Moon, la cantine vegan devenue institution
Wild & The Moon s’est imposé en quelques années comme la référence parisienne du café vegan contemporain. On le trouve à plusieurs adresses, notamment 55 rue Charlot et 25 rue des Gravilliers dans le Marais, 138 rue Amelot près de République, ou encore 23 rue Pierre Demours dans le 17e. Jus pressés à froid, smoothie bowls, wraps, plats chauds, tout est 100 % végétal et biologique.
Ce qui distingue ces adresses des simples « coffee shops healthy », c’est que la carte change à chaque saison pour coller aux produits frais du moment. Nous y allons souvent en semaine, pour une pause déjeuner rapide qui n’a rien d’un sacrifice, dans un décor soigné qui donne autant envie de photographier son assiette que de la manger.
Hank Burger, le burger vegan qui fait mentir les carnivores
Hank Burger a réussi ce que peu d’adresses vegan tentent frontalement : séduire les amateurs de viande sur leur propre terrain, celui du burger. Les steaks à base de protéines végétales sont généreux, juteux, avec une vraie tenue en bouche, loin des galettes sèches qu’on associe encore trop souvent au vegan.
Notre avis, assumé : ça tient largement la comparaison avec un bon burger classique, parfois mieux, grâce à des sauces travaillées qui compensent l’absence de gras animal. Un conseil terrain avant de vous y rendre : évitez les créneaux du week-end si vous détestez faire la queue, l’adresse est très prise à ces heures-là.
Mokonuts, la table du 11e qui n’a rien à prouver
Au 5 rue Saint-Bernard, dans le 11e arrondissement, Mokonuts n’est pas étiqueté restaurant végétarien, il faut le dire clairement. Le duo formé par Moko Hirayama et Omar Koreitem y mêle influences japonaises, libanaises et françaises, avec des plats à base de poisson ou de viande à la carte. Mais ses assiettes végétales, tarte au potimarron, labné au za’atar, risotto safrané, comptent parmi les plus fines du quartier.
Le lieu n’ouvre que du lundi au vendredi, pour le petit-déjeuner et le déjeuner, jamais le soir ni le week-end, et il faut souvent réserver plusieurs semaines à l’avance pour espérer une table à midi. C’est cette exigence, presque artisanale, qui en fait une étape à part dans notre sélection, même si elle ne coche pas toutes les cases d’un restaurant « purement » végétarien.
Le Potager du Marais, l’adresse historique qu’on ne présente plus
Ouvert depuis décembre 2003, Le Potager du Marais a déménagé en 2019 du 22 rue Rambuteau vers le 26 rue Saint-Paul, dans le 4e arrondissement. C’est l’une des plus anciennes tables 100 % bio et végane de la capitale, et elle continue de tenir la distance là où tant d’adresses tendance ont disparu en quelques saisons.
Le chef y revisite la cuisine traditionnelle française sans aucun produit animal : soupe à l’oignon gratinée, steak de seitan, bœuf bourguignon version végétale, pâté aux champignons. Comptez entre 22 et 30 euros selon le menu choisi, dans une salle en pierres apparentes qui joue la carte du cosy plutôt que du minimalisme scandinave qu’on retrouve partout ailleurs. Face aux nouvelles adresses citées plus haut, celle-ci rassure par son ancrage et son sérieux, sans jamais paraître poussiéreuse.
Les tables du 5e et du 10e à connaître pour un déjeuner sur le pouce
Toutes les meilleures adresses végétariennes de Paris ne sont pas des institutions avec une histoire à raconter. Certaines existent simplement pour bien nourrir un visiteur pressé ou un habitant du quartier en pause déjeuner, et ce sont parfois les plus utiles au quotidien.
Dans le 5e, La Cantine des Fossés Saint-Marcel, au 4 rue des Fossés Saint-Marcel, propose une cuisine soignée pour environ 20 à 30 euros, très bien notée par ses habitués. Dans le 10e, non loin de la Gare de l’Est, La Guinguette d’Angèle tient un comptoir végan idéal pour manger sur le pouce avant de prendre un train, avec des lunchboxes bio pensées pour être emportées.
Comment choisir selon votre quartier, votre budget et l’occasion
Le vrai critère de choix n’est pas tant le goût, qui reste globalement élevé partout dans cette sélection, que l’occasion pour laquelle vous cherchez une table. Un déjeuner rapide entre deux visites ne demande pas la même adresse qu’un dîner que vous voulez marquant. Ce tableau récapitule nos huit adresses selon leur quartier, leur budget indicatif et le moment où elles sont les plus pertinentes.
| Restaurant | Quartier | Budget indicatif | Occasion idéale |
|---|---|---|---|
| Le 42 Degrés | 10e arrondissement | 25 à 35 euros | Découverte, curiosité culinaire |
| Sapid | 10e arrondissement | 20 à 30 euros | Déjeuner en semaine, cantine |
| Wild & The Moon | 3e, 11e, 17e arrondissements | 10 à 20 euros | Pause rapide, brunch |
| Hank Burger | Plusieurs adresses | 15 à 20 euros | Repas convivial, entre amis |
| Mokonuts | 11e arrondissement | 27 à 40 euros | Déjeuner exceptionnel, sur réservation |
| Le Potager du Marais | 4e arrondissement | 22 à 30 euros | Dîner classique et rassurant |
| La Cantine des Fossés Saint-Marcel | 5e arrondissement | 20 à 30 euros | Déjeuner de quartier |
| La Guinguette d’Angèle | 10e arrondissement | 10 à 20 euros | Repas rapide avant un train |
Ce que révèle cette scène végétale parisienne en 2026
Un chiffre résume à lui seul le chemin parcouru : Paris compte désormais plus de 52 restaurants proposant un menu végétarien distingués par le Guide Michelin. Ce n’est plus un phénomène marginal réservé à quelques militants, c’est devenu un critère d’exigence sur lequel les tables les plus reconnues se jugent entre elles.
Pour vous qui réservez une table demain, cela change concrètement deux choses. D’abord, le choix s’est élargi, on ne se contente plus d’une ou deux adresses par arrondissement. Ensuite, le niveau d’exigence a grimpé, avec des prix qui suivent parfois cette montée en gamme plus vite qu’on ne l’imagine. Paris n’a pas seulement toléré la cuisine végétarienne, elle a fini par la prendre au sérieux, et c’est peut-être la meilleure nouvelle qu’on puisse vous rapporter de nos tables.








