Peut-on monter sur le toit de la Samaritaine ?

Peut-on monter sur le toit de la Samaritaine ?

Vous rêvez de Paris vu d’en haut, de cette sensation grisante quand les monuments se déploient à 360° sous vos yeux. La Samaritaine, réouverte en 2021 après seize ans de fermeture, alimente tous les fantasmes. Mais voilà, monter sur son toit n’a plus rien d’évident. Nous avons creusé le sujet pour vous dire ce qui est vraiment possible, et à quel prix.

La vérité sur l’accès au toit : ce qu’on ne vous dit pas

Autant être franc d’emblée : le toit de la Samaritaine n’est plus accessible au grand public. Cette idée circule encore, nourrie par les souvenirs de l’ancien temps et quelques articles flous. Pourtant, la réalité s’avère moins accommodante. Le restaurant Toupary, situé au 5ème étage avec son design signé Hilton McConnico, et La Terrasse du 10ème étage ont fermé définitivement en 2005, quand le grand magasin a baissé le rideau pour cause d’insécurité des bâtiments.

Depuis la réouverture en 2021, seul l’hôtel Cheval Blanc Paris, installé au 7ème étage, contrôle les quelques accès panoramiques qui subsistent. Vous ne pourrez donc pas simplement prendre l’ascenseur jusqu’aux hauteurs comme on le faisait il y a vingt ans. Cette métamorphose du lieu traduit un virage radical : ce qui était ouvert à tous est devenu le privilège d’une clientèle triée. La frustration monte vite quand on réalise que la vue existe bel et bien, mais qu’elle se mérite désormais.

Le Tout-Paris : votre seul ticket pour les hauteurs

Le restaurant Le Tout-Paris, perché au 7ème étage du Cheval Blanc, représente aujourd’hui votre unique option concrète pour accéder à une vue panoramique depuis la Samaritaine. L’établissement ouvre ses portes tous les jours de 7h à 1h du matin, avec un service restaurant de 12h à 14h30 le midi et de 18h30 à 22h30 le soir. La terrasse, elle, fonctionne de 11h à minuit quand la météo le permet.

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Côté tarifs, les choses sont transparentes : comptez un menu à 160€ midi et soir, ou entre 66€ et 155€ à la carte selon vos envies, sans compter les boissons. Le chef William Béquin signe une cuisine française contemporaine qui justifie en partie l’addition, avec des plats comme la gratinée à l’oignon revisitée sous feuilletage ou des desserts signés Maxime Frédéric. Nous trouvons le rapport qualité-vue-prix plutôt honnête pour ce type d’adresse parisienne, surtout si vous privilégiez le déjeuner, souvent moins bondé.

Attention toutefois : la réservation est obligatoire avec empreinte bancaire, ce qui signifie qu’un désistement de dernière minute vous coûtera cher. Mieux vaut donc anticiper votre venue de plusieurs semaines, surtout en haute saison. Le lieu attire une clientèle internationale mêlée de Parisiens en quête d’occasions spéciales, l’ambiance oscille entre brasserie chic et palace décontracté.

Les terrasses privées du Cheval Blanc : un rêve réservé à quelques-uns

Au-delà du restaurant, Le Jardin constitue le rooftop le plus spectaculaire du Cheval Blanc. Cette terrasse de 650 m² ouvre uniquement en période estivale, du 15 mai au 15 septembre, du mercredi au dimanche de midi à 23h sous réserve de beau temps. Plantes luxuriantes, mobilier coloré évoquant les vacances, vue à couper le souffle sur Notre-Dame, la Tour Eiffel, Montmartre et le Louvre : le décor frôle la perfection instagrammable.

Mais voilà le hic : cet espace reste réservé aux clients de l’hôtel et à quelques événements privés. La terrasse peut accueillir jusqu’à 80 personnes pour des cocktails privatisés, transformant ce jardin suspendu en lieu d’exception inaccessible au commun des mortels. Cette exclusivité assumée reflète bien le positionnement du palace, mais accentue le sentiment d’un Paris à deux vitesses.

L’été 2024 a d’ailleurs cristallisé les tensions autour de cette privatisation du ciel parisien. LVMH, propriétaire du lieu, avait installé sur le toit de la Samaritaine une terrasse en forme de malle Louis Vuitton pour accueillir ses invités VIP pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques. Cette structure, montée sans autorisation préalable selon plusieurs recours déposés au tribunal administratif de Paris, a été jugée illégale car non conforme au code de l’urbanisme et au règlement local de publicité. L’affaire illustre parfaitement comment les lieux emblématiques de Paris deviennent des terrains de jeu pour marques de luxe, au détriment de l’accès public.

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Les alternatives gratuites pour dominer Paris

Si le budget ou l’exclusivité du Cheval Blanc vous rebutent, rassurez-vous : Paris recèle plusieurs rooftops accessibles gratuitement qui offrent des panoramas tout aussi mémorables. Ces options constituent de vrais plans B qui valent largement le détour, sans la contrainte d’une addition salée ni d’une réservation des semaines à l’avance.

LieuHorairesType de vueAccès
Galeries Lafayette Haussmann10h-20h (horaires magasin)Opéra Garnier, Tour Eiffel, toits haussmanniensGratuit
Printemps Femme 7ème étage10h-20h30 (lun-sam), 11h-20h (dim)Tour Eiffel, Madeleine, MontmartreGratuit
Institut du Monde Arabe10h-18h (fermé lundi)Seine, Notre-Dame, Île Saint-LouisGratuit

Ces terrasses accueillent parfois des bars ou restaurants éphémères selon les saisons, ce qui permet de doubler l’expérience d’une consommation sans vous ruiner. Le rooftop des Galeries Lafayette, notamment, organise régulièrement des événements gratuits avec vue sur le coucher de soleil, un moment magique à ne pas manquer.

L’histoire méconnue des toits perdus de la Samaritaine

Avant 2005, monter sur le toit de la Samaritaine relevait de l’évidence, presque du rituel parisien. Le restaurant Toupary, installé au 5ème étage, proposait une cuisine abordable avec des menus entre 15€ et 35€ dans un décor design signé Hilton McConnico. L’endroit attirait autant les touristes que les Parisiens venus dîner avec vue. Au 10ème étage, La Terrasse offrait des formules légères entre 12€ et 18€, ouverte uniquement l’été pour profiter du panorama sans se ruiner.

Ces deux espaces ont disparu le 15 juin 2005, quand le grand magasin a fermé ses portes pour raisons de sécurité. Les études révélaient des problèmes graves sur la structure métallique, les planchers, le système électrique et le désenfumage. Ce qui devait être une fermeture de quelques années s’est transformé en rénovation complète de seize ans, pilotée par LVMH qui avait racheté la Samaritaine en 2001.

Quand le lieu rouvre en 2021, l’accessibilité populaire a totalement disparu. Les toits sont désormais réservés au palace et à sa clientèle fortunée. Cette évolution nous interroge sur la manière dont Paris se transforme, passant d’une ville où les vues panoramiques restaient démocratiques à une métropole où chaque mètre carré de hauteur se monétise. La nostalgie de l’ancien Toupary traverse encore les forums parisiens, témoignage d’une époque où grimper sur la Samaritaine ne demandait ni budget conséquent ni carte bancaire premium.

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Combien ça coûte vraiment de prendre de la hauteur ?

Parlons chiffres concrets. Accéder aux hauteurs parisiennes implique désormais un budget qu’il vaut mieux anticiper. Les tarifs varient considérablement selon l’option choisie, et quelques astuces peuvent vous faire économiser sans sacrifier l’expérience.

  • Restaurant Le Tout-Paris : minimum 66€ par personne à la carte, menu à 160€, auxquels s’ajoutent les boissons. Comptez facilement 100€ à 200€ par tête selon vos choix.
  • Bar-terrasse du Cheval Blanc : les prix des consommations ne sont pas publics, mais attendez-vous à des cocktails autour de 20€-30€ dans la lignée des palaces parisiens.
  • Alternatives gratuites : 0€ pour l’accès aux rooftops des Galeries Lafayette, du Printemps ou de l’Institut du Monde Arabe, mais sans service de restauration inclus.
  • Autres rooftops parisiens : La Perruche affiche des plats entre 25€ et 45€, Madame Rêve propose des cocktails de 11€ à 18€ et des maki rolls de 12€ à 18€, ce qui reste plus abordable que le Cheval Blanc.

Nos conseils pragmatiques : réservez plusieurs semaines à l’avance pour le Tout-Paris, surtout si vous visez un weekend ou une date particulière. Privilégiez le déjeuner plutôt que le dîner, les tarifs restent identiques mais l’affluence diminue, vous profiterez mieux de la vue. Tentez aussi le bar en fin d’après-midi si vous souhaitez juste boire un verre sans vous engager sur un repas complet. Certains parviennent à accéder à la terrasse avec une simple consommation, bien que l’établissement favorise clairement les clients du restaurant.

Faut-il vraiment viser le sommet de la Samaritaine ?

Après avoir exploré toutes les options, la question mérite une réponse honnête. Le Tout-Paris offre indéniablement une vue exceptionnelle sur Notre-Dame, la Tour Eiffel et le Louvre depuis un emplacement privilégié en plein cœur de Paris. Le prestige du lieu, la qualité de la cuisine et l’expérience globale justifient l’investissement si vous cherchez une occasion spéciale à célébrer. Pour un anniversaire, une demande en mariage ou impressionner des invités de passage, l’adresse fonctionne.

Mais soyons clairs : le prix reste prohibitif pour une simple envie de vue panoramique, et l’accessibilité limitée frustre légitimement. Si votre objectif principal consiste à admirer Paris d’en haut sans vous ruiner, les rooftops gratuits des Galeries Lafayette ou du Printemps font parfaitement l’affaire, avec des panoramas comparables et zéro contrainte. Vous y croiserez d’ailleurs plus de Parisiens authentiques que de touristes fortunés, ce qui change agréablement l’ambiance.

Notre verdict tranché : le sommet de la Samaritaine vaut le détour pour les budgets confortables en quête d’une expérience haut de gamme complète, pas pour ceux qui veulent juste cocher la case rooftop parisien. L’exclusivité a un prix, et celui-ci reflète moins la valeur intrinsèque de la vue que le standing du lieu. Paradoxalement, les toits les plus spectaculaires de Paris restent souvent les plus démocratiques, preuve que le luxe ne garantit pas toujours la meilleure perspective sur la ville.

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